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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /2009 02:03

La chasse aux démons et autres évadés des Enfers ne semblaient pas très compliquée, attaquant l'enthousiasme de certains, ou remettant les autres en question. De plus, une ombre planait sur le groupe. Ils devaient être douze, mais cela tardait à se faire et Toliman de s'inquiéter sur le bon déroulement des choses. Ainsi pour la seconde fois, il menait ses amis sur les Terres Fantômes, où la dernière âme de leur groupe semblait se cacher.

 

« Le campement est dressé depuis trois jours déjà, et nous ne faisons toujours aucun repérage, s'inquiéta Altaïr Daquila, un des combattants.

-         Je pense que Véga et Toliman parlent de cela en ce moment même, répondit Erakis en faisant des moulinets avec son épée. Nous sommes passés par Akério dernièrement. Nous savons très bien se qu’il s’y trame. Véga ne laissera pas faire sans réagir. Peut-être secoue-t-il déjà notre chef ?

-         Véga… secouer ? A sa façon alors car je ne l’ai jamais vu s’emporter de quelques manières que ce soit.

-         C’est vrai. Mais il en impose, parfois plus que Toliman et crois moi il sait parfaitement manier les mots. Tout ce qu’il dit est choisi et réfléchis. Chaque mot est une arme entre ses lèvres.

-         J’avais remarqué aussi. Ses phrases peuvent être plus meurtrières que ses deux épées. »

 

 

            Tandis qu’Altaïr et Erakis débutaient leur entraînement journalier, à l'autre bout du campement un Veilleur et un Guerrier discutaient paisiblement à l'ombre d'un cerisier en fleur. Naos et Izar s'étaient révélés des revenants très décontractés. Mais s'ils s'en donnaient à cœur joie de déconcerter les autres par un je-m'en-foutisme visible, ils n'en étaient pas moins observateurs. Izar était même le maître dans l'art de relever les détails qui trahissaient  ses compagnons. Il tenait un journal où il notait tout, accompagnant ses notes de croquis et de plans. Naos le savait. Naos le taisait. Pour une raison qu’ils ignoraient réellement, ils préféraient garder cela pour eux.  Comme cette méfiance qui se manifestait parfois entre eux et les autres, au fil des notes.

 

« Tiens la chasse à été bonne, lança Naos en désignant du menton le retour de deux des leurs.

- Toujours avec Pléione et Alwaïd. Chasse ou pêche, ils ne sont jamais bredouilles ceux-là. »

 

            Les cheveux bruns et ébouriffés de la chasseresse alliés à ses habits couleurs ocres surmonté d'un mantel de peaux lui donnaient un air sauvageonne qui contrastait avec l'élégance et la délicatesse de l'étonnant Veilleur qu'était Alwaïd. Pléione exaltait à partir avec ce dernier, en qui elle avait  trouvé un compagnon de traque irréprochable. Ils s'absentaient pendant des heures, parfois des jours, et revenaient toujours fiers de leurs proies qui nourrissaient le groupe durant plusieurs repas. Ils s'étaient très vite appropriés ces rôles et s’en satisfaisait à tel point qu’il était rare qu'un autre se joint à eux. Ce duo fonctionnait sans qu'il y ait besoin qu’un seul mot soit échangé.

 

«  Heureusement pour nous, reprit Naos en pensant aux nombreux repas qu'il avait déjà eut l'occasion d'honorer depuis ces deux dernières années. Et par chance, le groupe bénéficie de deux cantinières hors paires.

- J’aime regarder Minélauva préparer le diner, avoua Izar rêveur. Ses mouvements restent gracieux. Elle fait de la cuisine un art. Mais plus que tout, c’est Mira que j’apprécie quand elle aide à la table. Elle chantonne toujours et sa voix mélodieuse m'hypnotise.

- Garde cela pour toi et ton bouquin, l’artiste, mais ces chants m’effraient.

- Tu rigoles, plaisanta l’écrivain.

- En fait, je devrais dire qu’ils me dérangent. Oui je crois que c’est le terme exact.

- Bien j’en connais au moins un qui n’est pas de cet avis. »

 

            De l’endroit où ils se tenaient les deux compères aperçurent le plus jeune d’entre eux préparer le feu pour le repas du midi. Dénèb faisait partie des Guerriers, puisque la troupe était scindée en deux classes distinctes. Pourtant le jeune homme qui affichait ses fragiles vingt ans était un être silencieux et effacé qui sans s'exclure du groupe, ne cherchait pas à s'y faire remarquer. Izar avait noté que Dénèb avait certaines habitudes qui poussaient l'écrivain à penser qu'il venait d'un milieu aisé et avait vécu au nord des Terres d'Ar'Diens. Lancé dans ses réflexions sur le combattant, Izar se mis à le dessiner en accentuant ses traits, donnant naissance à une caricature.

 

 

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Par Shéliak - Publié dans : Mon monde
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Voici venir...

extrait de mon roman

   Le fleuve des Lamentés.

 

           

            Un lieu où toute la détresse se concentre à travers l’errance des âmes en peine.

 
          
Depuis la création des Mondes cet endroit demeure sans aucune flamme. La brume y est perpétuelle happant les silhouettes pour mieux leur dissimuler tout échappatoire. Ici finissent ceux qui se refusent au repos, ceux dont l’âme rongée par les regrets et les remords se laissent conduire docilement aux abords de ces eaux troublées qui ceinturent les Enfers.

            Les premiers Lamentés ont finis par se fondre au décor, devenant des statues de pierres, soutenant la paroi rocheuse qui abrite le fleuve, tandis que d’autres inconsolables n’ont trouvé réponse qu’au plus profond des eaux. Ces âmes qui se sont précipitées dans le fleuve remontent parfois à la surface pour se faire l’écho des plaintes les plus douloureuses. On peut apercevoir alors, transperçant la brume, des silhouettes humides implorantes et pleureuses qui déchirent le silence des lieux de leurs voix tristes. Ceux qui entendent ces appels, comme ceux qui y répondent, n’ont plus aucune chance de trouver le repos.

 Ainsi se déroule le cercle de désespoir engendré par ce lieu qui se devait avant tout  n’être qu’un palier pour le repos de l’âme. Aujourd’hui ces eaux s’écoulent imperturbables faisant de ses lieux de passages les endroits les plus calmes du Monde des Ombres, entraînant les âmes perdues à travers tout le royaume du Dieu Arawn sans jamais leur offrir un  espoir de répit.

 
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