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Lundi 7 septembre 2009
Ne voyez point ici de funestes messages, ni de macabres envies. Non loin de moi l'idée de vous effrayer. Mais s'il est des instants de notre condition qui jadis furent ritualisés, la mort en fait indéniablement partie.
Les superstitions ont perduré assez longtemps et surtout, que dis-je fort heureusement, grace aux villageois.

Qui de nos jours serait définir les signes prémonitoires qui précèdent la venue de la Faucheuse, souvent assimilé à un squelette ( parfois nu, parfois vetu) à pied ou sur un chariot( voir même sur une barque comme certaines apparitions de l'Ankou breton) .

La Mort de nos ancêtres savait se faire entendre et même se faire ressentir. On rapporte qu'à son approche, la chouette hululait ( l'endroit où elle hululerait serait aussi signe du lieu de mort), le chien aboyant de manière lugubre, le cheval se cabrait en hénissant ou qu'encore les cloches sonnaient faux.
Au sujet des cloches, il est aussi rapporté que lorsque l'on sonne la cloche pour un trépas et que malencontreusement, elle rebinde ( qu(un coup se repete), c'est qu'il y aura un autre décès dans la semaine. Parfois seul le grincement des roues de la charette ou le claquement de fouet se faisait entendre sans pour autant être vu.
Bien evidement, il y a les signes, disons classiques : la vue d'un serpent, ou d'une belette traversant le chemin.
Un peu plus originaux, ou plutôt moins connu: les poules tombant de leur perchoir, ou les poules chantant le coq, une invasion de souris dans la maison, un arbre fruitier refleurissant ou l'entrée d'un oiseau dans une chambre.... Tout autant de signes qui annonçaient une veillée funèbre très proche.

Attention ce qui suit peut effrayer les âmes sensibles: 

Sachez que les bruits secs que l'on entend la nuit dans les meubles serait annonciatrice de mort prochaine d'un ami ou d'un parent. De même quand une porte s'ouvre seule, une des personnes qui la voient s'ouvrirent quittera bientôt le monde des vivants. Trois lumières allumées en  en même temps dans une pièce sont signes de mort pour l'une des personnes qu'elle éclairent.
 Une pie faisant du tapage sur le toit d'une maison, un chien hurlant dans la nuit autour d'une habitation, une taupe qui soulève la terre et forme des monticuls sous les fenetres ou près des portes... des signes signifiant que la Mort entrera bientôt dans cette maison.

 De même faire la lessive n'avait rien d'anodin est souvent en fonction de l'heure ou du jour pouvait devenir maléfique : On ne faisait pas la lessive pendant les Rogations ( les 3 jours précédent l'Ascension), la semaine avant Noël et le jour de l'An, sans attirer le malheur sur sa famille. Si un linge ne plongeait pas au fond du lavoir ou s'il ne prenait pas l'eau, cela signifiait qu'on irait bientôt au cimetierre. On pensait même que si une femme faisait la lessive un vendredi c'est qu'elle voulait la mort de son mari ( en rapport avec le vendredi saint?). La lessive le vendredi est aussi, selon les lieux, nefaste pour celle qui la fait, autant que pour celui qui porte une chemise blanche en ce fameux jour: cela annonce leur mort dans l'année.
Dans les Alpes Maritimes il était coutume de croire que raccommoder un vetement sur quelqu'un annoncait sa mort dans l'année.

Il existait plusieurs rituels pour savoir si un malade allait survivre ou non. Ainsi en Alsace, on avait pour coutume de fotter un lard sur le front du malade, puis de le lance rau chiens : si ceux-ci se refusait à le manger c'était très mauvais signe. Il est rapporter qu'en Franche-Comté on trempait la chemise du malade, si elle ne coulait pas c'était bon signe.
Il y a peu de temps j'ai appris qu'autrefois, lors de leur union, chaque conjoint apportait son cierge à l'église. Ils étaient allumés en même temps: le premier consumé désignait le premier à partir pour l'au-delà. Une autre croyance, provenant des Basses Alpes, veut qu'aucun des époux ne doit éteindre la lumière durant toute la nuit de noces: celui des deux qui le ferait se verrait mourir le premier.

Les croyances bretonnes considèrent généralement L'Ankou comme étant le premier mort de l'année. A Pont- Scorff, il est de coutume de dire que si c'est un jeune qui meurt le premier dans l'année alors il viendra chercher les vieux, mais que si c'est une personne agée, alors elle viendra chercher les jeunes. Entre Hennebont et Lorient, le chant du coq est un bon ou mauvais présage selon qu'il chante un nombre pair ou impair, ce dernier étant signe de mort. 

Pour les marins, et plus particulièrement semble-t-il selon les croyances anglaises, la flamme bleutée d'une bougie serait présage de mort en mer. Aussi s'arrangeait-on pour que la bougie ne brule pas jusqu'au bout afin de préserver la vie du marin.

Les croyances et les superstitions autour d'une mort prochaine ou sur le fait de pouvoir l'éviter sont légions en France. Caque régions possèdent ses histoires, ses coutumes et ses variantes. Elles sont à ma mémoire bien trop nombreuses pour toutes les narrer. Je terminerais donc ici, ce petit tour des rituels, mais s'il vous plait d'en porter d'autres à ma connaissances surtout n'hésitez pas, lâchez vous dans les commentaires.

Pour signer la fin de ce billet un petit tour vers le Japon où il est de très mauvais présage de planter les baguettes dans le riz ou de transmettre de la nourriture de baguettes à baguettes. Cela fait directement référence aux rites funéraires bouddhistes. Si leurs rites éveillent en vous de la curiosités allez voir sur ce site:
http://www.clickjapan.org/Coutumes_et_fetes_japonaises/superstition.htm


sources : Contes de la Mort, de Jean Markale edition Albin Michel, et nos Ancetre Vie et Métier numero 39
Par Shéliak - Publié dans : Superstitions - Communauté : Superstitions
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Voici venir...

extrait de mon roman

   Le fleuve des Lamentés.

 

           

            Un lieu où toute la détresse se concentre à travers l’errance des âmes en peine.

 
          
Depuis la création des Mondes cet endroit demeure sans aucune flamme. La brume y est perpétuelle happant les silhouettes pour mieux leur dissimuler tout échappatoire. Ici finissent ceux qui se refusent au repos, ceux dont l’âme rongée par les regrets et les remords se laissent conduire docilement aux abords de ces eaux troublées qui ceinturent les Enfers.

            Les premiers Lamentés ont finis par se fondre au décor, devenant des statues de pierres, soutenant la paroi rocheuse qui abrite le fleuve, tandis que d’autres inconsolables n’ont trouvé réponse qu’au plus profond des eaux. Ces âmes qui se sont précipitées dans le fleuve remontent parfois à la surface pour se faire l’écho des plaintes les plus douloureuses. On peut apercevoir alors, transperçant la brume, des silhouettes humides implorantes et pleureuses qui déchirent le silence des lieux de leurs voix tristes. Ceux qui entendent ces appels, comme ceux qui y répondent, n’ont plus aucune chance de trouver le repos.

 Ainsi se déroule le cercle de désespoir engendré par ce lieu qui se devait avant tout  n’être qu’un palier pour le repos de l’âme. Aujourd’hui ces eaux s’écoulent imperturbables faisant de ses lieux de passages les endroits les plus calmes du Monde des Ombres, entraînant les âmes perdues à travers tout le royaume du Dieu Arawn sans jamais leur offrir un  espoir de répit.

 
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