| Novembre 2009 | ||||||||||
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Ne voyez point ici de funestes messages, ni de macabres envies. Non loin de moi l'idée de vous effrayer. Mais s'il est des instants de notre condition qui jadis furent ritualisés, la
mort en fait indéniablement partie.
Sachez que les bruits secs que l'on entend la nuit dans les meubles serait annonciatrice
de mort prochaine d'un ami ou d'un parent. De même quand une porte s'ouvre seule, une des personnes qui la voient s'ouvrirent quittera bientôt le monde des vivants. Trois lumières
allumées en en même temps dans une pièce sont signes de mort pour l'une des personnes qu'elle éclairent.
Il y a peu de temps j'ai appris qu'autrefois, lors de leur union, chaque conjoint apportait son cierge à l'église. Ils étaient allumés en même temps: le premier consumé
désignait le premier à partir pour l'au-delà. Une autre croyance, provenant des Basses Alpes, veut qu'aucun des époux ne doit éteindre la lumière durant
toute la nuit de noces: celui des deux qui le ferait se verrait mourir le premier.
Un lieu où toute la détresse se concentre à travers l’errance des âmes en peine.
Depuis la création des Mondes cet endroit demeure sans aucune flamme. La brume y est perpétuelle happant les silhouettes pour
mieux leur dissimuler tout échappatoire. Ici finissent ceux qui se refusent au repos, ceux dont l’âme rongée par les regrets et les remords se laissent conduire docilement aux abords de ces eaux
troublées qui ceinturent les Enfers.
Les premiers Lamentés ont finis par se fondre au décor, devenant des statues de pierres, soutenant la paroi rocheuse qui abrite le fleuve, tandis que d’autres inconsolables n’ont trouvé réponse qu’au plus profond des eaux. Ces âmes qui se sont précipitées dans le fleuve remontent parfois à la surface pour se faire l’écho des plaintes les plus douloureuses. On peut apercevoir alors, transperçant la brume, des silhouettes humides implorantes et pleureuses qui déchirent le silence des lieux de leurs voix tristes. Ceux qui entendent ces appels, comme ceux qui y répondent, n’ont plus aucune chance de trouver le repos.
Ainsi se déroule le cercle de
désespoir engendré par ce lieu qui se devait avant tout n’être qu’un palier pour le repos de l’âme. Aujourd’hui ces eaux s’écoulent imperturbables
faisant de ses lieux de passages les endroits les plus calmes du Monde des Ombres, entraînant les âmes perdues à travers tout le royaume du Dieu Arawn sans jamais leur offrir un espoir de répit.
Ce que vous en dites